Train de voyageurs lancé à grande vitesse, décor filé
Transport de voyageurs

La voiture représente 82 % du total ; le ferroviaire atteint un niveau record

Trafic voyageurs par mode, parts modales, fréquentation ferroviaire et aérienne.

2.1

Transports intérieurs de voyageurs en France

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L’unité de mesure du transport de voyageurs est le voyageur-kilomètre (voy.km), produit du nombre de voyageurs par la distance parcourue. La voiture particulière demeure de très loin le mode dominant, représentant 83 % du transport intérieur terrestre de voyageurs en France métropolitaine en 2024 (ou 82 % en incluant l’aérien intérieur). Le ferroviaire (trains, RER, métros) atteint un niveau historiquement haut, tandis que le transport aérien intérieur poursuit son recul.

Tableau 2.1MD VOY.KM

TRANSPORT INTÉRIEUR DE VOYAGEURS EN FRANCE MÉTROPOLITAINE (MD VOY.KM)

Libellé201620172018201920202021202220232024
TOTAL1 0501 0671 0621 0788249241 0381 0371 047
VOITURE + 2-ROUES871881882892717791866853856
FERROVIAIRE104,2110,7105,3109,362,281,3110,3117,1123,9
AUTOBUS, AUTOCAR, TRAMWAY59,559,158,760,437,641,447,553,254,4
AÉRIEN INTÉRIEUR14,815,415,916,27,210,113,513,212,6

En 2024, le transport intérieur de voyageurs progresse de +0,9 % et atteint 1 047 milliards de voyageurs-kilomètres. Le transport ferroviaire dépasse de 13,4 % son niveau d’avant la crise sanitaire (2019), et atteint un nouveau record historique à 124 Md voy.km. Cette dynamique exceptionnelle s’inscrit dans une trajectoire de fond (plan vélo, ZFE, sobriété énergétique, ouverture à la concurrence) mais aussi dans l’effet conjoncturel des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. À l’inverse, le transport aérien intérieur poursuit son recul amorcé depuis la fermeture de plusieurs lignes courtes et l’interdiction des vols domestiques substituables par un train de moins de 2h30 (loi Climat et Résilience 2021). Le mode voiture individuelle reste dominant à 82 % mais perd lentement de la part modale.

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2.1 – TRANSPORT INTÉRIEUR DE VOYAGEURS EN FRANCE MÉTROPOLITAINE : ÉVOLUTION PAR MODE DEPUIS 2016 (BASE 100 EN 2016)
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Réseau d’infrastructures support du transport de voyageurs

Le transport intérieur de voyageurs s’appuie sur un réseau d’infrastructures parmi les plus denses d’Europe. Cette sous-section, reprise et actualisée du rapport DataMove 2024, en donne les principaux ordres de grandeur, qui éclairent la lecture des dynamiques modales.

Tableau 2.1 BIS2024

LONGUEUR DES RÉSEAUX DE TRANSPORT EN FRANCE (2024)

Libellé
LONGUEUR 2024 (KM)ÉVOL. ANNUELLE MOY. 2024/2019NOTE
RÉSEAU FERROVIAIRE (LIGNES)27 562-0,68 %/ANdont 2 748 km de LGV
DONT LIGNES LGV2 748stable1er réseau LGV d’Europe continentale
DONT LIGNES À 2 VOIES OU PLUS14 568-0,16 %/AN—
DONT LIGNES À 1 VOIE10 246-1,58 %/ANRéseau capillaire en repli

Ce socle d’infrastructures éclaire les dynamiques de trafic du chapitre : la stabilité du réseau ferroviaire lourd contraste avec l’envolée de sa fréquentation (record historique en 2024), traduisant une intensification de l’usage à infrastructure quasi constante ; le développement rapide des réseaux ferrés urbains accompagne le report modal observé dans les grandes agglomérations.

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2.1 BIS – LIGNES À GRANDE VITESSE : MISES EN SERVICE EN FRANCE (KM DE LIGNES, CUMUL)

Seules les mises en service et les cumuls imprimés dans le tableau 2.1 TER sont tracés, en paliers.

Tableau 2.1 TERKM, CUMUL

MISES EN SERVICE DES LIGNES À GRANDE VITESSE (KM, CUMUL)

LibelléLIGNE(S) MISE(S) EN SERVICECUMUL RÉSEAU LGV (KM, APPROX.)
1981LGV Paris-Sud-Est (Paris–Lyon, 1er tronçon)270
1983LGV Paris-Sud-Est (achèvement)420
1990LGV Atlantique (Paris–Le Mans / Tours)700
1993LGV Nord-Europe (Paris–Lille–Calais)1 035
1994LGV Rhône-Alpes (Lyon–Valence) + Interconnexion Est1 205
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2.2

Union européenne : transports terrestres de voyageurs

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Dans l’UE14, la voiture domine massivement (autour de 80 % du trafic terrestre), suivie du transport ferroviaire et des transports collectifs urbains. Dans les NEM 13, la voiture pèse moins (autour de 70 %), compensée par une part plus forte des transports collectifs urbains et interurbains (héritage du modèle pré-1989). La France se situe dans la moyenne UE14 mais avec un ferroviaire mieux développé que l’Italie ou l’Espagne, conséquence de soixante ans d’investissement TGV.

Tableau 2.2MD VOY.KM

TRANSPORTS TERRESTRES DE VOYAGEURS UE27 (MD VOY.KM)

LibelléUE14 VOITUREUE14 TC URBAINUE14 RAILNEM VOITURENEM TC URBAINNEM RAIL
20194 55546043591014572
20203 35032027072011040
20213 75037030076012045
20223 38135934871811754

Pour 2023, Eurostat publie en revanche les parts modales à l’échelle de l’UE27 (tableau ci-dessous), indicateur plus récent et homogène.

Tableau 2.2 BIS% DES VOY.KM, 2023

RÉPARTITION MODALE DES VOYAGEURS TERRESTRES DANS L’UE27 (% DES VOY.KM, 2023)

LibelléPART UE27 2023ÉVOL. VS 2022PAYS OÙ LE MODE EST LE PLUS FORT
VOITURE PARTICULIÈRE70,6 %-1,8 PT—
BUS, AUTOCARS, TROLLEYBUS~8 %StableMalte (15,8 %), Irlande (15,4 %), Estonie (12,0 %)
RAIL~8 %+Pays-Bas (10,9 %), Autriche (10,5 %), France (9,1 %)
AIR (INTÉRIEUR) ET MERReste+Croatie (mer 2,4 %)
2.3

SNCF : trafic et recettes

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La SNCF est le premier opérateur ferroviaire français, mais l’ouverture progressive du marché à la concurrence depuis 2020 a fait apparaître de nouveaux acteurs sur les services à grande vitesse (Trenitalia France sur Paris-Lyon, Renfe Viajeros sur Lyon-Barcelone et Marseille-Madrid). En 2024, ces nouveaux entrants représentent encore une part modeste du trafic (~3-4 %), mais leur arrivée a un effet structurant : pression sur les prix (Paris-Lyon a vu ses tarifs reculer en moyenne de 5 à 10 % sur les axes ouverts), repositionnement de la SNCF sur les services à haute valeur (TGV Inoui) et low-cost (Ouigo).

Tableau 2.3MD VOY.KM, TOUS OPÉRATEURS

TRANSPORT FERROVIAIRE INTÉRIEUR DE VOYAGEURS PAR SEGMENT (MD VOY.KM, TOUS OPÉRATEURS)

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Libellé201620172018201920202021202220232024
TGV (TOUS OPÉRATEURS)54,859,656,158,933,143,561,464,666,7
TRAINS INTERURBAINS (INTERCITÉS)7,07,25,55,32,23,13,73,94,2
TOTAL GRANDES LIGNES61,866,961,564,235,346,665,168,570,9
TER (TRAINS RÉGIONAUX CONVENTIONNÉS)13,013,713,815,310,814,419,020,823,2
RÉSEAU D’ÎLE-DE-FRANCE (TRAINS ET RER)19,119,619,219,510,613,116,717,719,2

En 2024, le trafic ferroviaire de voyageurs (tous opérateurs) s’établit à environ 113,3 Md voyageurs-kilomètres (somme des segments du tableau 2.3 : TGV 66,7 + trains interurbains 4,2 + TER 23,2 + Île-de-France 19,2 = 113,3), en hausse de +5,9 % par rapport à 2023 (107,0 Md voy.km) selon le SDES. C’est la troisième année record consécutive après 2022 et 2023. Cet engouement pour le train ne se réduit pas à un effet rebond post-Covid : il s’enracine dans plusieurs dynamiques de fond – sensibilité environnementale, intégration tarifaire (Pass Rail jeunes lancé en 2024), montée en puissance des opérateurs alternatifs sur les axes ouverts à la concurrence, et effet JO 2024.

Note de cohérence inter-tableaux

Le tableau 2.3 (« transport ferroviaire » : trains, RER et services conventionnés, hors métros) totalise 113,3 Md voy.km en 2024, en hausse de +5,9 % par rapport à 2023 (107,0 Md voy.km). La ligne « Ferroviaire » du tableau 2.1 (« transports ferrés » : trains, RER et métros) atteint 123,9 Md voy.km en 2024 : l’écart (≈ 10,6 Md voy.km) correspond aux métros d’Île-de-France et de province, absents du tableau 2.3. Les deux séries proviennent de la même source (SDES, comptes des transports) et sont donc directement cohérentes.

L’offre TGV a été augmentée par SNCF Voyageurs pour répondre à la demande : 400 000 places supplémentaires en TGV INOUI ont été proposées pour l’été 2024 par rapport à l’été 2023, et 12 rames additionnelles sont prévues pour Ouigo dans les trois ans à venir. Les liaisons France-Espagne ont progressé de 30 % vs 2019, soit plus du double de la moyenne des liaisons à grande vitesse françaises (+13 % sur la même période, calcul à partir du tableau 2.3 : TGV 66,7 en 2024 vs 58,9 en 2019).

Tableau 2.4MD€ COURANTS

SNCF : RECETTES COMMERCIALES (MD€ COURANTS)

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Libellé201920202021202220232024
TOTAL8,15,26,88,59,710,3
VOYAGEURS (HORS CONTRIBUTIONS AO)7,54,76,27,89,19,7
FRET0,60,50,60,70,60,6

Les recettes voyageurs hors contributions des autorités organisatrices ont progressé de 7 % en 2024, portées par la fréquentation record et une politique tarifaire mesurée (hausse moyenne de 2,6 % sur les billets TGV INOUI). Le chiffre d’affaires global du groupe SNCF a atteint 41,8 Md€ en 2023, en hausse de 5,4 %, et s’inscrit en progression supplémentaire en 2024 grâce à la dynamique des transports conventionnés et de la grande vitesse.

2.4

RATP : voyages, voyageurs-kilomètres, économique

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Tableau 2.5MD

RATP : VOYAGES ANNUELS (MILLIONS) ET VOYAGEURS-KILOMÈTRES (MD)

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Libellé2016201720182019202020212022202320242025
MÉTRO1 5191 5391 5601 4987531 0151 3391 4111 479n.d.
RER A ET B (HORS ORLYVAL)478493497497264342461488508n.d.
RÉSEAU DE SURFACE À PARIS¹442437440439291327354355368n.d.
RÉSEAU DE SURFACE EN BANLIEUE²858872881873587669698718744n.d.
TOTAL EPIC RATP³3 2973 3413 3783 3071 8952 3532 8522 9723 099n.d.

L’EPIC (Établissement Public Industriel et Commercial) RATP a réalisé 3 108 millions de voyages en 2024, soit une progression de +4,3 % par rapport à 2023. Ce résultat traduit la poursuite du redressement du trafic, qui reste toutefois environ 7-8 % en deçà de son niveau de référence pré-Covid (estimation à recalibrer en consolidation finale avec la valeur 2019 EPIC RATP confirmée par le Rapport annuel RATP). La croissance a été portée par la mise en service de trois prolongements majeurs au printemps 2024 (lignes 11 et 14 du métro, ligne T3b du tramway) et par l’accueil exceptionnel des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Le trafic du réseau Bus reste 22 % en deçà de la référence 2019, principalement du fait des difficultés de circulation dans Paris liées aux JO de Paris 2024, au développement de l’offre ferrée et à la densification des aménagements routiers.

Tableau 2.6

RATP : EFFECTIF MOYEN ET PARAMÈTRES ÉCONOMIQUES

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Libellé20192021202220232024
EFFECTIF MOYEN ANNUEL (K)43,744,344,944,945,4
ENDETTEMENT (MD€)5,85,75,55,25,7
INVESTISSEMENTS (MD€)1,81,92,02,02,7

En 2024, la RATP a réalisé un niveau historiquement élevé d’investissements (2,7 Md€), tout en maîtrisant l’évolution de sa dette (5,7 Md€) et en améliorant ses ratios financiers. Le résultat net part du groupe a bénéficié de deux opérations stratégiques exceptionnelles sur ses filiales.

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2.6 – RATP : INVESTISSEMENTS ET ENDETTEMENT (MD€), 2019-2024
  • Investissements
  • Endettement

Les valeurs tracées sont celles du tableau 2.6 ; aucune n'est lue sur les barres de la figure.

Autobus circulant dans une rue de ville bordée d'arbres et de fleurs
2.5

Transport ferroviaire régional (TER) – focus régions

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Le transport ferroviaire régional, structuré en 2002 par la régionalisation des TER, est financé majoritairement par les Régions (autorités organisatrices) qui versent des contributions à SNCF Voyageurs (ou à des opérateurs alternatifs depuis l’ouverture à la concurrence en cours). Le TER représente 22,0 Md voy.km en 2024 (+5,8 % vs 2023), portant le ferroviaire régional à un niveau historique.

Tableau 2.7MD VOY.KM, HORS ÎLE-DE-FRANCE

TRAFIC TER EN FRANCE (MD VOY.KM, HORS ÎLE-DE-FRANCE)

LibelléTRAFIC TERÉVOLUTIONNOTE
201916,1—Référence pré-Covid
202010,8-32,9 %Crise sanitaire
202114,1+30,6 %Reprise partielle
202219,0+34,8 %Effet rebond + tourisme
202320,8+9,5 %Record post-Covid

Ouverture à la concurrence régionale

L’ouverture à la concurrence du TER, prévue par le 4ᵉ paquet ferroviaire européen, est en cours de déploiement progressif depuis 2020. Plusieurs Régions ont engagé des appels d’offres : la Région Sud (PACA) a attribué les premiers lots à Transdev pour des dessertes en service à partir de 2025 ; les Pays-de-la-Loire et le Grand Est ont également lancé des procédures. À horizon 2030, l’extension de la concurrence aux TER constituera une transformation structurelle plus profonde que celle observée sur la grande vitesse, parce que les volumes en jeu sont supérieurs et les modèles économiques territoriaux différents. L’enjeu DataMove est de suivre l’impact sur la part modale ferroviaire et sur les recettes commerciales.

2.6

Transport par autocars longue distance

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Le transport par autocars longue distance, ouvert à la concurrence en France par la loi du 6 août 2015 pour les liaisons de plus de 100 km, est principalement opéré par deux acteurs nationaux : FlixBus (qui a intégré Eurolines/Isilines en 2019) et BlaBlaCar Bus (anciennement Ouibus, filiale de BlaBlaCar). Au premier semestre 2024, sept opérateurs supplémentaires étaient actifs, dont deux saisonniers.

En 2024, la fréquentation a retrouvé son niveau d’avant-crise sanitaire : plus de 4,5 millions de voyageurs sur les liaisons intérieures au premier semestre 2024, et environ 9 millions sur l’année entière sur les liaisons intérieures, auxquels s’ajoute le trafic international (volume à confirmer source ART). La fréquentation totale est en progression de l’ordre de 30 % par rapport à 2019 selon l’ART. Ce mode, qui n’existait quasiment pas il y a dix ans, a pris une place durable dans l’offre française grâce à la libéralisation de 2015 (« loi Macron ») : il capture essentiellement une clientèle jeune et budget-sensible, qui aurait autrement voyagé en train régional ou en covoiturage.

Tableau 2.8

TRANSPORT PAR AUTOCARS LONGUE DISTANCE : UNITÉS URBAINES DESSERVIES

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Libellé201620172018201920202021202220232024
BLABLABUS¹n.d.n.d.n.d.194124101118128n.d.
FLIXBUSn.d.n.d.n.d.215159145139137n.d.
AUTRES OPÉRATEURS (SOMME)n.d.n.d.n.d.3213101424n.d.
TOTAL UNITÉS DESSERVIES (UNION)²208302328253195165184189n.d.
2.7

Trafics voyageurs transmanche

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Le trafic voyageurs transmanche s’organise autour de trois modes : Eurostar (services ferroviaires à grande vitesse via le tunnel sous la Manche, exploités par la filiale Eurostar Group du Groupe SNCF), Eurotunnel Le Shuttle (navettes ferroviaires pour véhicules particuliers et autocars, exploitées par Getlink), et les ferries (compagnies indépendantes assurant les traversées maritimes Calais-Douvres et autres liaisons).

Tableau 2.9MILLIONS DE PASSAGERS

TRAFICS VOYAGEURS TRANSMANCHE (MILLIONS DE PASSAGERS)

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Libellé2019202020212022202320242025
EUROSTAR PARIS-LONDRES SEUL11,02,54,38,310,7~11,0~11,8
EUROSTAR TOTAL (INCL. EX-THALYS)—————19,520,0
EUROTUNNEL VÉHICULES LÉGERS (M PASS.)2,71,11,92,12,3~2,3~2,3
FERRIES MANCHE PASSAGERS13,15,37,28,811,6~12,0n.d.
Train à grande vitesse blanc lancé dans un tunnel aux parois éclairées

Rupture méthodologique

Depuis octobre 2023, Eurostar a absorbé la marque Thalys au sein de son réseau, qui dessert désormais le Royaume-Uni, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le chiffre global Eurostar 2024 (19,5 M passagers, +5 %, niveau record) intègre donc ce qui était auparavant comptabilisé sous Thalys. Pour la liaison Paris-Londres seule, les communications d’Eurostar mentionnent +280 000 passagers en 2024, soit environ 11 millions de passagers – niveau cohérent avec la série historique. Cette rupture doit être clairement signalée dans toute analyse comparative.

Pour 2025, Eurostar confirme cette dynamique : un record de 20,0 millions de clients sur l’ensemble de son réseau (+500 000 vs 2024, soit 400 millions cumulés depuis 1994), dont environ 11,8 millions sur le seul périmètre Paris-Londres (+5 %), dans un contexte d’arrivée prochaine de nouveaux entrants (Virgin, Trenitalia) et de commande de 50 rames Alstom Celestia pour viser 30 millions de passagers d’ici 2030.

2.8

Trafic aérien : Aéroports de Paris (ADP)

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Les deux aéroports parisiens ont accueilli 103,4 millions de passagers en 2024, en hausse de +3,7 % par rapport à 2023. Ce niveau reste à 95,8 % du niveau de 2019, dernière année pleine avant la crise sanitaire. Roissy-Charles-de-Gaulle, principalement consacré aux vols longs-courriers, a transporté 70,29 millions de passagers (+4,3 %), atteignant 92,3 % de son niveau de 2019. Orly, davantage tourné vers les vols courts et moyens-courriers et les compagnies low-cost, a accueilli 33,12 millions de passagers, en croissance de +2,6 %, et dépasse pour la deuxième année consécutive son niveau d’avant-crise (104 %).

Tableau 2.10MILLIONS

AÉROPORTS DE PARIS : TRAFIC PASSAGERS (MILLIONS)

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Libellé2019202020212022202320242025
ROISSY-CDG76,222,326,257,567,470,372,0
ORLY31,810,813,726,032,333,134,9
TOTAL PARIS AÉROPORT108,033,139,983,599,7103,4107,0
REPRISE VS 2019100 %30,6 %38,8 %80,2 %92,3 %95,8 %99,1 %

Faits saillants 2024

Les liaisons intérieures françaises poursuivent leur baisse : -4,9 % par rapport à 2023, à seulement 71,5 % du niveau de 2019 (mesure en nombre de passagers, source DGAC). Cette désaffection est attribuée par les compagnies à la combinaison de trois facteurs convergents – interdiction des vols substituables par un train de moins de 2h30 (loi Climat et Résilience entrée en vigueur en mai 2023), pression environnementale exercée par les entreprises sur leurs déplacements professionnels, et concurrence directe des nouveaux services TGV à grande vitesse Paris-Lyon, Paris-Bordeaux et Paris-Marseille. Cette inflexion structurelle marque la fin d’un modèle historique : les vols court-courriers domestiques, déjà fragilisés par le TGV depuis vingt ans, ne se redresseront plus.

Note d’unité

La part du trafic aérien intérieur 2024 par rapport à 2019 dépend de l’indicateur retenu. Mesurée en nombre de passagers (source DGAC), elle s’établit à 71,5 % du niveau 2019. Mesurée en voyageurs-kilomètres (tableau 2.1 : 12,6 Md voy.km en 2024 vs 16,2 Md voy.km en 2019), elle s’établit à 77,8 %. Cette divergence reflète la suppression majoritaire de lignes courtes substituables par train (impact proportionnellement plus fort sur les passagers que sur les voy.km), tandis que les lignes longues conservent davantage de voy.km par passager.

Avion de ligne en approche sous un ciel nuageux
2.9

Aéroports régionaux français

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Au-delà des deux plateformes parisiennes, la France compte une dizaine d’aéroports régionaux d’importance européenne (Nice, Marseille-Provence, Lyon-Saint-Exupéry, Bâle-Mulhouse, Toulouse-Blagnac, Nantes-Atlantique, Bordeaux-Mérignac, Beauvais, Montpellier, Lille). Cumulés, les huit « grands régionaux » de plus de 5 millions de passagers transportent environ 73 millions de passagers en 2024, soit l’équivalent d’un Roissy-CDG ; l’ensemble des aéroports métropolitains hors ADP atteint 90 millions de passagers. Cette section donne une vue agrégée du transport aérien régional.

Tableau 2.11PASSAGERS COMMERCIAUX

TOP AÉROPORTS RÉGIONAUX FRANÇAIS EN 2024 (PASSAGERS COMMERCIAUX)

LibelléPASS. 2024 (M)ÉVOL. 24/23VS 2019MODÈLE DOMINANT
NICE CÔTE D’AZUR14,76+4,0 %+1,9 %International / loisirs
MARSEILLE-PROVENCE11,17+3,4 %+10,0 %Méditerranée / loisirs
LYON-SAINT-EXUPÉRY10,46+4,7 %-10,9 %Hub régional / international
BÂLE-MULHOUSE (BINATIONAL)8,92+10,3 %-1,9 %Low-cost / transfrontalier
TOULOUSE-BLAGNAC7,84+0,5 %-18,5 %Affaires / aéronautique

Lecture stratégique.

La trajectoire des aéroports régionaux français est divergente après 2020 : (1) les plateformes méditerranéennes et touristiques (Nice, Marseille, Bordeaux, Bâle-Mulhouse) bénéficient du tourisme international et de la croissance du low-cost européen, retrouvent ou dépassent leur niveau 2019 ; (2) les plateformes orientées affaires intérieures (Toulouse, Bordeaux pour partie, Nantes, Lyon hors international) sont plus pénalisées par la baisse du trafic domestique liée à la loi Climat 2021 et à la concurrence du TGV ; (3) les plateformes low-cost (Beauvais, Bâle-Mulhouse) profitent de l’évolution des pratiques de voyage. Pour la décarbonation du secteur aérien, ces aéroports sont au cœur de la mise en œuvre des SAF (carburants aériens durables) et des futures certifications environnementales européennes.

2.10

Trafic aérien : voyageurs en Europe

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Le trafic aérien commercial européen, suivi par Eurostat, est dominé par cinq grandes économies : Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni (hors UE depuis 2020). L’Espagne occupe une position particulière, son trafic étant principalement tiré par le tourisme international, ce qui explique son volume très important rapporté à sa population. Les Pays-Bas (Schiphol) et l’Irlande (Dublin) constituent également des hubs majeurs.

Tableau 2.12MILLIONS DE PASSAGERS

TRAFIC AÉRIEN VOYAGEURS EUROPE (MILLIONS DE PASSAGERS)

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Libellé20192021202220232024
ESPAGNE275,2129,5200,7243,8259,7
ALLEMAGNE244,974,9155,3185,3199,6
ITALIE193,080,5132,4164,8182,4
FRANCE174,864,2152,7160,1167,4
PAYS-BAS81,132,561,371,376,3
2.11

Sources principales et statut des données

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Sources principales

– SDES – Bilan annuel des transports en 2024 (novembre 2025) ; Chiffres clés des transports édition 2026 (avril 2026).

– Autorité de régulation des transports (ART) – bilans ferroviaire et autocars longue distance 2024.

– Groupe SNCF – Rapport financier et de durabilité 2024 (mars 2025).

– RATP – Rapport annuel 2024 (mars 2025).

– Groupe ADP – Trafic 2024 (janvier 2025).

– Eurostar – communiqué presse janvier 2025.

– Getlink – rapport 2024.

– DGAC – Direction générale de l’aviation civile, Bulletin statistique trafic aérien.

– Union des Aéroports Français (UAF) – pour les aéroports régionaux.

– Eurostat – pour les données européennes.

Rupture méthodologique signalée

Depuis octobre 2023, le réseau Eurostar a absorbé la marque Thalys, créant une rupture de série pour les trafics transmanche. Le chiffre global Eurostar 2024 (19,5 M) intègre désormais Paris-Bruxelles, Paris-Amsterdam et Paris-Allemagne, auparavant comptabilisés sous Thalys. Pour la comparabilité avec la série historique Paris-Londres, il convient de retenir l’évolution publiée spécifiquement pour cette liaison (~11 M en 2024).

Unités de mesure : voy.km vs passagers vs voyages

Les différentes mesures du transport de voyageurs ne sont pas interchangeables et doivent être lues avec leur unité explicite :

– Voyageur-kilomètre (voy.km) : produit du nombre de voyageurs par la distance parcourue. Mesure de référence pour le transport intérieur (tableau 2.1) et le ferroviaire (tableaux 2.3, 2.7). Adaptée pour comparer des modes de portée différente (voiture vs avion vs train).

– Passager : nombre de personnes transportées (en millions). Mesure utilisée pour le trafic aérien (tableaux 2.10, 5.11, 5.12), le transmanche (tableau 2.9), les autocars (texte §2.6). N’intègre pas la distance parcourue.

– Voyage : nombre de déplacements unitaires (en millions). Mesure utilisée pour la RATP (tableau 2.5, première colonne), qui comptabilise chaque correspondance comme un voyage distinct.

Ces unités donnent des résultats différents lorsqu’on compare deux périodes. Exemple : le trafic aérien intérieur 2024 vs 2019 ressort à 71,5 % du niveau 2019 en passagers (source DGAC) mais à 77,8 % en voy.km (tableau 2.1), car la suppression des lignes courtes substituables par train (loi Climat 2021) a proportionnellement plus pesé sur les passagers que sur les voy.km.

Périmètres ferroviaires : transport ferroviaire vs transports ferrés

Deux agrégats ferroviaires coexistent dans ce chapitre, désormais issus de la même source (SDES, comptes des transports) :

– « Transport ferroviaire » (tableau 2.3) : trains, RER et services conventionnés, hors métros. Total 2024 = 113,3 Md voy. km (TGV 66,7 + trains interurbains 4,2 + TER 23,2 + Île-de-France 19,2). Source SDES. Évolution 2024 vs 2023 = +5,9 %.

– « Transports ferrés » (tableau 2.1) : transport ferroviaire augmenté des métros (Île-de-France et province). Total 2024 = 123,9 Md voy.km, soit ≈ 10,6 Md voy.km de plus que le tableau 2.3. Source SDES. Évolution 2024 vs 2023 = +5,8 %.

Les deux agrégats proviennent de la même source (SDES, comptes des transports) et sont directement cohérents : le « transports ferrés » du tableau 2.1 (123,9 Md voy.km en 2024) ajoute les métros (≈ 10,6 Md voy.km) au « transport ferroviaire » du tableau 2.3 (113,3 Md voy.km). La série ferroviaire du SDES intègre par ailleurs une révision du concept de mesure des distances (notamment sur les lignes à grande vitesse), désormais reflétée dans les deux tableaux.

Statut des données

La quasi-totalité des valeurs 2024 présentées sont CONFIRMÉES sur la base des publications officielles parues en 2025 et T1 2026. Les valeurs 2025 sont en majorité marquées « n.d. » à la date de publication (mai 2026), pour les raisons de calendrier propre à chaque organisme : SDES Bilan transports 2025 attendu fin 2026, ADP données 2025 publiées T1 2026 (provisoires), Eurostat publiera 2024 détaillé au T2 2026. Les données 2025 ADP (107 M passagers, +3,5 %) sont déjà disponibles.